CODICORD ou Conseil de la Diaspora Congolaise pour la Restauration de la Démocratie sert d'interface et d'appui politique entre la véritable opposition ou la résistance congolaises internes et la communauté congolaise hors du Congo représentant la Diaspora.
Qu’il me soit permis ici de répondre humblement à un compatriote, à un aîné , à un savant que j’ai longtemps admiré tant par la lumière de son savoir que sur son engagement pour une Afrique unie et libre de toute domination étrangère.
Cet aîné force l’admiration et le respect car non seulement il est Egyptologue, Linguiste et Historien, il est surtout un des grands continuateurs de l’œuvre de Cheikh Anta Diop.
Les plus pugnaces d’entre vous, ont sûrement reconnu l’ombre du professeur Théophile Obenga né Théophile Mwene Ndzale Obenga.
Cet aîné auréolé des titres universitaires les plus prestigieux, professeur à l’université d’Etat de San Francisco aux Etats-Unis, a publié au bi hebdomadaire « la semaine africaine » n° 2890, du mardi 5 mai 2009 un article faisant le portrait du président Dénis Sassou Nguesso.
Il est évident qu’avec son prestige intellectuel étincellent, son engagement pour une Afrique digne , et ses conférences auxquelles j’ai assisté à l’institut Africamaat, je m’attendais de sa part à un portrait objectif et rigoureux, à tout le moins franc, du président Sassou.
Grande a été ma surprise, en commençant la lecture de ce portrait, qui à la vérité est un éloge en bonne et due forme au président Sassou Nguesso à faire pâlir les griots mandingues.
Le titre même de l’éloge annonce la couleur : « Un nouvel épithalame pour le Congo. »
N’allez pas chercher loin, le professeur Théophile Obenga, nous annonce du haut de ses titres universitaires le mariage prochain du Congo à Denis Sassou Nguesso, puisque le épithalame signifie un poème dit lors d’un mariage pour mettre en valeur la beauté et la vertu des mariés.
Le plus étonnant n’est pas tant le rôle du griot qu’il se donne à lui-même, en se faisant lecteur du poème du mariage, mais surtout les termes dans lesquels il dépeint le futur marié, le président Sassou Nguesso.
A le lire, le qualificatif attribué par la majorité des congolais au président Sassou Nguesso est celui de « tweré », en idiome Mbochi, c'est-à-dire sage, pondéré, attentif, méticuleux réfléchi,serein et endurant.
L’étonnant ici, professeur, est que vous croyez que la majorité des congolais use du qualificatif Mbochi « tweré », ce qui est simplement faux, à moins que vous ne vouliez dire que la majorité des mbochis use de ce qualificatif pour désigner Sassou Nguesso, ce qui serait encore à mon sens faux.
Mais peut être qu’il faille convenir avec vous que le président Sassou Nguesso est sage, tellement sage qu’il se soucie du devenir du Congo en organisant une élection présidentielle transparente et consensuelle après une concertation nationale impliquant toutes les forces vives de la nation, alors pourquoi dirions nous qu’il n’est pas réfléchi et attentif au sort des congolais ?
Oui, vous avez raison, d’ailleurs, pouvait il en être autrement sur la foi de vos titres universitaires obtenus en occident ?
Sans désemparer, vous poursuivez : «… l’homme est profondément sensible, plein de compassion, généreux, affable, tendre et affectueux.il a un réel culte de la famille, de la parenté, de l’amitié, de la camaraderie.. »
Professeur, touché par l’onction présidentielle vous voyez en Sassou Nguesso, un homme sensible aux problèmes des congolais, compatissant à la douleur des malades du C.H.U, des jeunes congolais condamnés à ouvrir un kiosque après la fin de leurs études à l’université, et des jeunes congolaises livrées à la prostitution.
Non professeur, toutes ces qualités, tant est qu’elles existent, le président Sassou qui a sûrement un vrai culte de sa famille, les manifestent à celle-ci, à ses amis, et à ses obligés.
Le peuple congolais n’a jamais eu l’occasion de vérifier les qualités que vous croyiez trouver en Sassou Nguesso.
Sensible et compatissant ? Il n’a pas empêcher les massacres des congolais innocents par les angolais, tchadiens et autres cobras.
Généreux ? Les congolais attendent qu’ils en fassent la démonstration en partageant équitablement les revenus du pétrole, du bois et autres matières premières.
Le plus triste, est que vous continuez dans votre description en disant de Sassou Nguesso: « Un puissant sens d’écoute est naturel chez lui. Il hait au plus haut point le mensonge, la fourberie, l’hypocrisie et la duplicité. »
Professeur, tout votre savoir et votre verbe ne pourraient suffire à faire admettre à l’esprit des congolais les qualités que vous croyez voir en Sassou Nguesso.
Ce Sassou que vous nous décrivez est une sorte de golem provenant directement de la création de votre esprit, qui avouons le, est très créatif.
Peut être aviez vous raison, le président Sassou Nguesso aurait un puissant sens d’écoute naturel à tel point que l’aspiration légitime du peuple congolais à une élection transparente est entendue par lui.
Mieux encore, le président Sassou détestant la fourberie et l’hypocrisie avait parfaitement respecté l’accord signé par lui sous l’égide de l’Unesco la veille du 5 juin 1997 interdisant le recours aux armes dans la vie politique, d’ailleurs ne dormait il pas pour de vrai le 5 juin, comment pourrait il mentir ?
Professeur, vous qui êtes monté si haut dans le savoir universitaire comment pouvez vous tombez si bas quand il s’agit de rendre justice au peuple congolais ?
Vous qui avez lancé un appel à la jeunesse Africaine pour qu’elle secoue le joug de la domination occidentale et de ses valets locaux, comment pouvez apportez le crédit de votre prestige intellectuel à celui la même qui sacrifie les intérêts de la jeunesse de son pays sur l’autel de ceux de sa famille ?
Non professeur, cet éloge ne fait que confirmer que les titres universitaires ne suffisent pas à conférer le sens du patriotisme et de l’honnêteté intellectuelle.
Il vous reste encore le temps de faire amende honorable pour que la postérité ne retienne pas cette tache importante sur votre prestige qui est celle d’avoir fait le griot d’un dictateur confirmé.