CODICORD ou Conseil de la Diaspora Congolaise pour la Restauration de la Démocratie sert d'interface et d'appui politique entre la véritable opposition ou la résistance congolaises internes et la communauté congolaise hors du Congo représentant la Diaspora.

La semaine dernière, nous avons rendu compte d’une conférence de presse du président du F.p.o.c (Front des partis de l’opposition congolaise), Guy-Romain Kinfoussia, concernant la participation de l’opposition à l’élection présidentielle. Pour le président du front, quelques précisions ont manqué dans cet article. Pour lui, même si les candidats de l’opposition présentent leurs dossiers de candidature, le front maintient ses exigences: «S’il n’y a pas d’organisation consensuelle et paritaire du scrutin, il n’y aura d’élection pour personne». Par ailleurs, le front refuse d’envoyer ses représentants au sein de la Conel, car il appelle à la mise en place d’une commission électorale indépendante. C’est pourquoi, il continue de réclamer le dialogue avec le pouvoir.
Le Front des partis de l’opposition congolaise n’a pas mis un seul bémol à ses revendications. La semaine dernière, Guy-Romain Kinfoussia, son président, a annoncé que les candidats du front vont déposer leurs dossiers de candidature. Mais, il ne s’agit pas déjà d’une participation de l’opposition à l’élection présidentielle. Le front attend, toujours, de nouer un dialogue avec le pouvoir, sur les revendications qu’il pose et qui portent sur l’organisation d’un recensement administratif de la population, pour déterminer un corps électoral fiable et la mise en place d’une commission électorale indépendante. Pour Guy-Romain Kinfoussia, si ces conditions ne sont pas remplies, «il n’y aura d’élection pour personne».
A la question de savoir sur quoi compte le front pour empêcher la tenue de l’élection présidentielle, si ses conditions ne sont pas satisfaites -«le front a-t-il un agenda militaire caché?»-, le président du front a indiqué que l’opposition n’a pas d’armes, ni de chefs militaires qui prépareraient des actions quelconques». La démarche de l’opposition consistera, tout simplement, à faire comprendre au souverain primaire, donc au peuple, que l’élection n’est pas organisée de manière équitable, de telle sorte que l’ayant compris, les gens n’iront pas voter. «Pour qu’il y ait votation, il faut qu’il y ait des électeurs. S’il n’y a pas d’électeurs, il n’y a pas votation et donc pas d’élection pour personne. Aux élections locales, vous avez vu les taux d’abstention, jusqu’à 90%. Donc, nous comptons sur l’intelligence de notre peuple. Nous ne sommes pas des va-t-en guerre. Qu’on ne nous prête pas des intentions», se défend-il. Par contre, le front accuse le pouvoir d’achat massif d’armes de guerre.
Guy-Romain Kinfoussia a, aussi, expliqué pourquoi les candidats de l’opposition sont en train de constituer leurs dossiers, alors que les exigences de l’opposition ne sont pas encore satisfaites. «Nous sommes aussi respectueux des textes en vigueur. C’est pourquoi, nos candidats se mettent en règle. Mais, nous avons jusqu’au 12 juin, à minuit, pour donner notre position», a-t-il dit.
L’opposition a, aussi, décidé de saisir la cour constitutionnelle sur la validité de la candidature du président Denis Sassou Nguesso qu’il accuse de multiples violations de la Constitution. «S’il est réélu, le président Sassou va prêter serment sur la Constitution, alors que tout le monde sait qu’il ne la respecte pas. Pendant tout son mandat, il n’a pas déclaré ses biens, il n’a pas occupé une résidence officielle, etc.
Quand on dit cela, le pouvoir rétorque que les textes réglementaires ne sont pas prêts pour que les gens déclarent leurs biens, et que la résidence officielle du chef de l’Etat n’est pas encore construite. Est-ce la responsabilité de l’opposition de prendre les textes réglementaires et de construire la résidence officielle du président de la République? Vous voyez que c’est honteux. Mais, on ne peut continuer comme ça. La Constitution est claire: l’inobservation de cette obligation entraîne la déchéance du mandat. C’est ce que nous allons demander à la cour constitutionnelle», souligne le président du front.
Enfin, le front est prêt au dialogue avec le pouvoir. «Nous continuons à nous battre pour régler ces problèmes. Nous sommes en train de demander qu’on trouve une solution», a confié Guy-Romain Kinfoussia.
(La Semaine africaine du 9 juin 2009)