CODICORD ou Conseil de la Diaspora Congolaise pour la Restauration de la Démocratie sert d'interface et d'appui politique entre la véritable opposition ou la résistance congolaises internes et la communauté congolaise hors du Congo représentant la Diaspora.
La liberté, celle qui permet à des individus de s’épanouir dans une société qui respecte leur dignité, n’est jamais donnée, elle est toujours et de tout temps, le fruit d’une conquête.
Il ne peut y avoir de liberté que pour un peuple qui a su reconnaître, à un certain stade de développement de sa conscience, la nécessité de prendre lui-même son destin en mains et de ne plus laisser une poignée de gens décider de son sort, aussi fortunée ou puissante soit elle.
Cette nécessité est d’abord ressentie par une élite éclairée de ce peuple, qui par l’amour ardent qu’elle porte pour le pays, par sa vision et sa persévérance, décide de mobiliser la population sur ses vrais intérêts.
Les intérêts véritables du peuple sont souvent substitués à dessein, à ceux de la poignée des gens qui l’oppresse.
Le travail de l’élite éclairée qui entend préparer le peuple à la conquête de sa liberté doit être de répéter tout le temps les vrais intérêts du peuple en les distinguant de ceux de la poignée des gens qui l’oppresse..
La conquête de la liberté, la prise en mains de notre propre destin, et le respect de notre dignité humaine, exigent des sacrifices, aussi bien ceux des vies humaines que des biens financiers ou matériels car la poignée qui nous oppresse est par nature belliqueuse et téméraire.
Cette poignée qui sait tous les avantages que procure le pouvoir n’abandonnera jamais de son propre gré et dev rait donc être poussée jusqu’à ses derniers retranchements.
Nous le savons, ceux qui sont au pouvoir au Congo l’affirment haut et fort et le répètent à tous ceux qui font mine de l’oublier : « Nous avons gagné la guerre. ».
Ils tirent la légitimité de leur pouvoir, de l’oppression qu’ils exercent sur les congolais sur la force armée et la peur qu’elle suscite.
Il ne nous reste plus que deux hypothèses : se soumettre au diktat politique habillé d’une opposition politique creuse que nous impose le pouvoir en place ou payer le prix de notre libération de cette dictature pour instaurer un nouvel ordre institutionnel et social.
Oui, c’est bien d’admirer la liberté qui règne en France, le sens de la dignité de l’homme, sa prise en charge économique, judiciaire et sanitaire même lorsqu’il est au chômage, mais tous ces droits ont étés conquis de haute lutte et après des sacrifices.
Nous ne pouvons pas chaque fois nous lamenter, nous égosiller, en vouloir à ceux qui nous oppressent au Congo, si nous-mêmes ne savons pas faire ce qui est nécessaire.
Non, si nous continuons notre chemin, dansons notre ndombolo ou coupé décalé, et écumons les boites de nuit de France et les ngandas du Congo, sans s’engager à faire ce qui est nécessaire pour notre liberté, celle de nos sœurs et frères, cent ans plus tard, nos descendants seront toujours traites comme des chiens dans leur propre pays.
Ce qui est nécessaire, c’est déjà de prendre conscience que la liberté à un prix et c’est celui du sacrifice de son propre sang, et parfois de ceux qu’on aime.
Ce qui est nécessaire, c’est de ne pas se voir soi-même, moins encore sa région ou sa tribu mais ceux qui vont venir après nous, la postérité et le legs politique, social et économique qui sera le leur.
Il est clair que nous avons tous les mêmes oppresseurs, notre origine régionale ne change rien à cette réalité, ne pas le comprendre et faire le jeu de l’ethnie et de la région c’est s’amasser des charbons ardents sur la tête.
Les sentiments communs que partagent les congolais de toutes les régions, ces sentiments d’être abandonnés à eux-mêmes, d’absence de toutes perspectives d’avenir pour les jeunes, et d’accaparement des richesses par la poignée des oppresseurs constituent un carburant important pour ébranler le joug de la dictature.
Tous ceux qui se sont levés au Congo, par le passé, se sont souvent levés au nom des intérêts d’une région, d’une ethnie, de leurs propres intérêts.
Ce genre de soulèvement ne produit que des monstres, et rien d’autres.
Il appartient aujourd’hui, aux femmes et hommes dignes, habités par un amour ardent de la patrie et portés par la vision d’une société libre de toute oppression, de s’organiser pour marquer une véritable rupture avec la culture politique issue de l’ancienne école.
Ces femmes et hommes devront préparer le peuple congolais à la conquête de sa liberté par des armes de l’intelligence d’organisation, de pragmatisme, et de coïncidence avec les attentes du peuple, en ne ménageant pas les sacrifices nécessaires.
Il ne s’agit plus aujourd’hui de se plaindre car si la dictature se maintien pour longtemps encore ce que nous l’aurons mérités parce que nous aurions préférés vivre comme des animaux et non de mourir comme des hommes libres et dignes.
BRICE NZAMBA
Membre du bureau de Codicord